Auteur : Delphine Baratier

Lâchez-prise grâce à l’art automatique

Il existe beaucoup de méthodes pour apprendre à lâcher-prise et être là, dans le moment présent. Et même si elles sont nombreuses à être efficaces, toutes ne se vaudront pas…

Il existe beaucoup de méthodes pour apprendre à lâcher-prise et être là, dans le moment présent. Et même si elles sont nombreuses à être efficaces, toutes ne se vaudront pas à vos yeux. Testez tout ce qui vous semble accessible. Il est légitime d’être plus réceptif à une méthode qu’à une autre. En voilà une petite nouvelle, qui vous plaira peut-être. Ou comment vivre un beau moment de pleine conscience grâce à votre imagination et à votre pouvoir créatif ?

L’art automatique, qu’est-ce que c’est ?

Avant l’art automatique, il y a l’écriture automatique. Au début du siècle dernier, le poète surréaliste, André Breton prend connaissance des recherches et travaux effectués par Freud, lors de ses analyses avec ses patients. La méthode psychanalytique de Freud vise à plonger les patients dans un état hypnotique. Au moment où l’inconscient est libre d’agir, ils peuvent lâcher leurs névroses. André Breton pense alors que la création littéraire peut peut-être elle-même passer par cet état de non-contrôle de la production. Ainsi, accompagné dans ses recherches par d’autres artistes : Aragon, Eluard, Desnos, il se met à pratiquer l’écriture automatique. La question est de se départir des dogmes littéraires classiques pour aller vers une création légère et imaginative. Proche de la vraie réalité de son auteur, voire même sa surréalité. Le résultat donne le Manifeste du Surréalisme en 1924 et bien d’autres écrits et œuvres sur le sujet.

“ Le merveilleux est toujours beau, il n’y a même que le merveilleux qui soit beau.” André Breton / Manifeste du surréalisme

A l’origine, cette technique psychanalytique d’abandon de soi doit provoquer une catharsis de l’âme, de l’esprit et des idées d’un individu. De nos jours, elle est toujours utilisée à des fins thérapeutiques.

Pour Breton, la création est le maître-mot de la pratique, ou du moins la motivation de son usage. Pour ce faire, Breton fait appel à une espèce d’automatisme du geste : poser sa plume sur une feuille de papier et laisser aller tout ce qui lui passe par la tête. Il faut se mettre bien dans son présent. Il écrit lui-même que l’on doit se poster dans un état de passivité et de réceptivité les plus exacerbées possibles.

Le jeu du surréalisme, comme l’appelle l’écrivain, est alors pratiqué dans d’autres domaines artistiques, comme en peinture, avec Jackson Pollock. Il ressort de ses œuvres picturales comme une vraie libération émotionnelle, sans mesure, ni considération du résultat.

art pollock

Je vous propose donc d’essayer cette technique de l’art automatique.

Comment pratiquer l’art automatique ?

Tout se joue dans votre capacité à être présent mais sans pour autant souhaiter contrôler ce qui se passe. Difficile à imaginer, mais pas si compliqué à vivre. Alors que vous avez choisi de prendre du temps pour vous, asseyez-vous. Choisissez un mode de création qui vous interpelle. Qu’est-ce qui vous tente le plus ? Une feuille de papier, du bristol, des feuilles de journaux, du papier recyclé, des feuilles pastel… Un stylo à bille, un stylo plume, des crayons de couleur, des marqueurs… Un jour, si cette technique de méditation active vous convient, pourquoi ne pas investir dans des tubes de peintures, de l’aquarelle, ou du pastel gras ? Amusez-vous de gommettes ou de découpages à coller ? Il y a énormément de possibilités à découvrir. Utilisez tout ce qui vous semble séduisant, qui vous parle intuitivement, qui vous amuse surtout. Faire des nuées d’empreintes de doigts trempés dans l’acrylique par exemple. Nul besoin de savoir dessiner, d’être un artiste né, de croquer mieux que De Vinci.

Prenons la situation très humble d’une feuille de papier et de stylos à bille, au délié souple. Mettez-vous à l’aise. Que cela soit dans votre tenue vestimentaire, ou dans le lieu où vous allez créer. Vous pouvez mettre de la musique, mais le risque est de voir son esprit s’évader. On préférera un endroit calme et silencieux pour les premières fois. Posez la feuille de papier sur une table et les stylos autour de vous. Débouchez un stylo. Relâchez-vous. Posez la mine sur le papier.

Respirez calmement

A cet instant précis, ne forcez pas sur le crayon. Laissez aller votre poignet. Aussi paradoxal que cela puisse vous paraître, concentrez-vous bien sur la feuille de papier, car c’est ce qui va laisser votre imagination et votre volonté créer.

Votre attention accrochée uniquement à votre stylo, laissez aller votre main. Dessinez un trait, des angles, un point, puis deux, puis trois. Vous allez voir que des formes vont se tracer machinalement sur le papier. Dessinez encore. Répétez. Faites des gestes récurrents. Coloriez. Foncez. Remplissez. Rayez. Vous avez le droit à toutes les fantaisies, voire même de faire un dessin sur un autre dessin.

Tout est possible

Surtout tentez de rester concentré à votre dessin, laissant votre geste se répandre sur le papier. Oubliez le résultat. De toute façon, vous ne savez pas où vous allez, donc peu importe le rendu final. N’y prêtez aucune attention particulière. Au début, cela peut sembler difficile. Mais vous verrez que vous y prendrez goût. Cette expression est si facile à mettre en place qu’il est fort probable que vous puissiez remplir des tas de cahiers de croquis. Si cela se trouve, vous allez adorer dessiner.

Il est certain que vous avez déjà pratiqué l’écriture automatique, sans le savoir. Lors d’une conversation téléphonique prolongée, n’avez-vous jamais pris un morceau de papier et entamé un dessin, machinalement, fait de petits triangles mêlés, puis coloriés en alternance ou entourés de petits points ? De crayons en triangles, de points saccadés en lignes hachurées, un dessin va prendre forme. Lâchez bien vos épaules, sans tension, ayez juste la volonté de remplir la surface.

Quels bénéfices tirer de la pratique de l’art automatique ?

Nous savons que la méditation et la pleine conscience sont des clefs pour accéder à une vraie sensation de bien-être intérieur, puis de libération de la pensée. Cependant, il est parfois difficile d’y arriver pleinement. Cela peut être compliqué à atteindre. Il y a des personnes qui ne peuvent le faire sans être guidées par un maître ou un psychanalyste. D’autres sont parfois intimidées par cette notion, et ressentent de la peur face à ce qu’ils considèrent être une perte de contrôle de soi-même.

L’art automatique peut avoir cette vertu d’être ludique et rigolote. S’y adonner ne nécessite que peu de moyens. Et il ne fait appel à aucune érudition quelconque. Il peut largement se mener seul. C’est d’ailleurs la meilleure des situations pour s’y abandonner pleinement. Nul besoin d’un initiateur pour pratiquer cette méthode. Une feuille de papier et quelques stylos suffissent. Et la volonté de laisser parler son geste.

Je suis persuadée que vous allez vous découvrir une véritable âme surréaliste, truffée de petits personnages, de fleurs, de volutes et de formes à la géométrie originale. Il est plaisant à penser que vous allez ressentir de la fierté à posséder une réelle force créative. Peut-être même que certains seront surpris de ce qu’il arrive à faire.

Auriez-vous une âme d’artiste ignorée ?

Vous allez vous rendre compte de votre incroyable potentiel imaginatif. La notion même d’imagination n’est pas réservée aux rêveurs. Tout le monde possède ce don de tisser des images, de les imbriquer, de générer des idées. Les rêveurs ont juste cette faculté plus aisée à se laisser aller à penser intérieurement. C’est un chemin vers la spiritualité. J’espère alors qu’à la suite de l’émerveillement, dont vous ferez preuve face à votre œuvre, vous ressentirez alors plus de confiance en vous. Non, la création n’est pas réservée uniquement à une élite, elle est aussi possible pour vous.

Sans chercher à dénicher une symbolique de l’image à ce que vous venez de mettre en forme, savourez le résultat. Vous n’avez pas cherché à faire du beau. Et pourtant, plus vous pratiquerez, plus vous serez content de ce que vous avez fait. C’est vous, votre pensée, votre touche. Reconnaître ses capacités à créer des choses qui nous correspondent est gratifiant. N’hésitez pas non plus à partager vos créations aux personnes autour de vous.

Enfin et surtout, alors que vous êtes en train de dessiner, vous travaillez en pleine conscience. Le fait de laisser aller votre geste vous demande de vous concentrer sur ce moment. Vous êtes pleinement présent à votre action. Aujourd’hui, c’est très simple. Vous dessinez en pleine conscience. Et il n’est pas question de contrôler la multitude de pensées qui vous assaillent quand vous tentez de vous connecter à vous-même. Non, au contraire, on les laisse faire irruption sur le papier. Et elles sont si bien accueillies qu’elles créent un joli monde imaginaire.

Créez dès que vous le pourrez. Cela vous donnera des étoiles plein les yeux et amènera de l’apaisement en vous.

A vos crayons de couleurs! Très bonne pratique à vous. Et faites-vous confiance.

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Comment lâcher-prise grâce à la posture Śavāsana

Oh la la. Ça vous interpelle, n’est-ce pas? Le Lâcher-prise C’est un terme qui en dit long sur ses intentions. Du genre, qui soulagerait tellement vos épaules si tendues… Le…

Oh la la. Ça vous interpelle, n’est-ce pas?

Le Lâcher-prise

C’est un terme qui en dit long sur ses intentions. Du genre, qui soulagerait tellement vos épaules si tendues… Le mot en lui-même sonne déjà comme un espoir magnifique. Et c’est là où le bas blesse. Ça n’est qu’un espoir pour vous. Vous avez souvent la sensation que vous n’y arriverez jamais. Que c’est inaccessible. Et pourtant, ça a l’air si chouette.

Vous avez d’ailleurs décidé à plusieurs reprises qu’il serait temps de s’y mettre :

« A partir de maintenant, c’est fini. Je m’en fiche. Tout me glisse dessus. Je prends la vie avec légèreté! »

Mais ça n’a pas fonctionné. Vous savez pourquoi?

Parce qu’il faut d’abord de la pratique avant que cela ne devienne un état de grâce permanent.

C’est une façon d’appréhender les évènements de la vie : depuis un conflit avec un collègue jusqu’à l’acceptation d’une maladie. Le lâcher-prise est de la bienveillance pour soi et par extension, pour les autres. Sauf que sans mode d’emploi, on peut le dire, c’est difficile. C’est un vrai travail qui demande de l’endurance et de la rigueur. C’est antinomique tout ça, je vous l’accorde. Mais si vous souhaitez comprendre le lâcher-prise, l’apprivoiser et en user avec aisance, il faut le pratiquer souvent et avec concentration.

Et pour commencer à l’appréhender et arriver un jour à libérer votre âme et votre réflexion, il est nécessaire de le ressentir.

Je vous propose donc aujourd’hui une séance de relaxation. Pour ce faire, lisez lentement et à voix basse ce qui va suivre.

Posez-vous un peu. On va tenter de vous faire du bien.

Essayons de pratiquer une posture de yoga : Śavāsana (Prononcer Chavassana). C’est un āsana très simple à prendre et à maintenir, que l’on appelle aussi « la posture du cadavre ». Le terme peut paraître rebutant au départ, mais sachez bien qu’en Inde, les morts font partie intégrante de la vie. La mort n’est pas vécue telle une peur comme en Occident.

Ouvrez-vous au repos de l’âme

Cet āsana est effectivement facile car il ne requiert aucune connaissance holistique particulière et ne demande aucune capacité physique ardue comme des contractions ou des torsions. Il est à la portée de tous. Pas de matériel encombrant à avoir.

Lisez lentement cet article et tentez déjà de ressentir la sensation décrite.

Ensuite, vous aurez envie de pratiquer, c’est garanti.

Pour commencer, isolez-vous dans un endroit calme. Tamisez un peu la lumière en tirant les rideaux par exemple. Choisissez un endroit aéré, loin des meubles hauts si vous le pouvez. Poussez la table basse de votre salon ou votre lit dans un coin de la chambre. Habillez-vous un peu afin que la fraîcheur ne vous envahisse pas pendant votre pratique : t-shirt à manches longues, gilet doudou, petites chaussettes.

Choisissez une couverture ou un plaid épais que vous allez doubler pour le déposer par terre. Si vous possédez un tapis d’exercices, prenez la peine de le couvrir aussi d’une étoffe que vous appréciez. Tant qu’à lâcher prise, cela sera encore meilleur sur quelque chose d’un peu douillet. Asseyez-vous sur votre support, puis allongez-vous.

Coucou le plafond de la maison !

Veillez à ce que votre dos se dépose sur le sol, tout en respectant votre cambrure naturelle. Inutile de forcer. Si le besoin s’en fait sentir, mettez un coussin très plat sous la tête ou au creux des reins. Offrez votre corps au sol. Symboliquement à la Terre. Laissez-la vous maintenir.

Signifiez-lui votre gratitude d’avoir la bonté de vous porter chaque jour et rendez-le lui en laissant votre corps s’abandonner un peu plus sur elle.

Faites-lui confiance

Vos jambes sont écartées selon la largueur de votre bassin et les pointes de vos pieds se tournent humblement vers l’extérieur. Vos bras se placent le long de votre corps, détendus et vous allez accueillir la tranquillité en tournant vos paumes de mains vers le ciel. Vous ne devez ressentir aucune tension au niveau des poignées, malgré le fait que vos mains soient retournées, donc éloignez un peu vos bras pour être à l’aise.

Dans cette position, une sensation de nonchalance naturelle va s’installer.

Maintenant, portez votre attention uniquement sur votre corps. Vos yeux sont clos, ce qui va vous permettre de mettre en place vos capacités de proprioception.

Comment se pose votre corps? Vos talons, vos mollets, l’arrière de vos cuisses, vos fesses, votre dos, vos épaules, vos bras, le dos de vos mains et l’arrière de votre tête sont posés sur le sol. Sans pression.

Que ressentez-vous, à cet instant?  Peut-être un léger inconfort au niveau du bassin et notamment du coccyx. Ou au contraire, un soulagement des lombaires pour les dos tendus. Est-ce que vos omoplates sont douloureuses? Votre cou est-il raide? Analysez chacun de vos membres. Lentement. De haut en bas. Ou inversement.

Et psychologiquement, vous sentez-vous tout petits? Un peu ridicules? Un peu impressionnés?

Tout ce que vous pourrez ressentir est normal.

Sachez cependant que ce ne sont que des perceptions subjectives. Pas de panique. Tentez de ne pas connoter cette position avec de l’infériorité ou de l’annihilement. Ça n’est pas du tout ce qui va se passer. Au contraire, vous allez être au centre.

Ce travail de scanner personnel est important pour rester en éveil. Car on ne cherche pas à s’endormir, mais à ressentir physiquement le lâcher-prise. Gardez les yeux fermés et observez votre corps et son humble dépose sur le sol. Śavāsana n’est pas fait pour faire la sieste. Toutefois, s’il advenait que votre détente prenne toute la place et vous entraîne dans les bras de Morphée, il ne faudra pas vous en vouloir. Cela sera un autre type de repos. En revanche, attention à votre dos…

Il y a fort à parier que votre respiration commence à se poser. A s’étaler au fur et à mesure que votre dos se repend sur la couverture. Je vous propose de prendre une grande respiration par le nez et d’expirer fortement par la bouche. Videz l’air le plus possible. En effet, j’imagine que certains se disent toutefois qu’ils vont malgré tout s’endormir.

De fait, alors que vous êtes tranquillement au sol, départis du poids de votre corps, les yeux clos, je vous invite à maintenir un état d’écoute environnant en léger alerte, en vous concentrant sur votre respiration. Ne cherchez pas à respirer de manière coordonnée, comme pour une cohérence cardiaque par exemple. Laissez aller votre souffle. Laisser le venir, entrer et sortir comme il le souhaite. Ne cherchez pas à le moduler. Portez votre attention sur vos narines. De l’air y rentre et en ressort presque instantanément. Prenez le temps de découvrir la force de votre respiration. N’essayez vraiment pas de réguler quoique ce soit.

Constatez simplement. L’air rentre et sort. Sans arrêt. Inlassablement.

La vie est en vous

Prenez en conscience.

Inspirez. Expirez. Plusieurs fois pendant plusieurs secondes.

Au début, il est probable que la régularité de votre respiration puisse même vous étonner. Aviez-vous déjà pris conscience d’une telle capacité naturelle chez vous? Ce signe de vie est formidable. Percevez l’air, qui passe par vos narines. Son contact est toujours un peu froid à l’entrée dans l’organisme. Vous pouvez même avoir l’impression, que les narines se gonflent un peu. Votre respiration se canalise pour se faire plus profonde et plus longue.

Dans cette formidable position de relaxation absolue, alors que votre corps est une masse sur le sol, votre respiration va s’agrandir et devenir fluide. Libérée de toutes les tensions, qui peuvent exister. Prenez conscience de vous-même. Vous vivez grâce à cette respiration. Si souvent coupée par toutes sortes d’évènements : discussions, cris ou pleurs. Ici, là, maintenant, vous la laissez aller longuement.

Doucement

Forcez-vous à n’être que pour votre nez et son activité.

Inspirez. Puis expirez. Plusieurs fois encore et pendant quelques minutes.

C’est alors qu’une autre offrande magnifique se met en place. Vous êtes, pour une fois, en prise direct avec le moment présent. Votre présent. Aucune projection n’est possible. En focalisant votre attention sur vos narines et sur votre respiration, vous vivez pour maintenant. Et « Oh Sublime Śavāsana« , vous ne pensez pas à l’avant non plus.

Vous êtes « Inspirez », puis vous êtes « Expirez ». Et ainsi de suite.

Imaginez ce début de victoire sur vos pensées. Cette posture est une vraie solution pour vous connecter à vous-même.

« Dorénavant, c’est décidé, je laisse tout glisser. Je deviens léger »

Eh bien, ça y est, vous y êtes.

Maintenant, retournez faire un tour dans votre corps. N’est-il pas lourd et relâché?

Votre corps prend une vraie dose d’oxygène. Notre corps a besoin de 90% de cette molécule pour vivre. Imaginez que l’oxygène se vend dans des bars, à 30€ les 15 minutes de bonheur. Parce qu’en manquer est une source de stress immense pour tout l’organisme. Et maintenant, grâce à cette posture de relaxation, votre respiration se fait fluide et l’apport d’oxygène plus intense.

Tout votre corps se délite. La fatigue nerveuse laisse place à de la détente musculaire.

N’avez-vous pas la sensation que vos mains et vos bras sont si pesants que vous ne pouvez les soulever? N’essayez pas d’ailleurs.

Et vos pieds, gentiment relâchés en début d’exercice, sont de vrais lests au bout de vos jambes. A tel point que vos chevilles dévissent un peu vers l’extérieur. Sans aucune douleur. Vos omoplates? Vous les sentiez un peu dans votre dos. La douleur piquante a disparu. Et vos mains? Vos doigts même? Leurs nerfs vont céder à la détente et l’un d’eux peut sursauter.

Quelle douce sensation de bien-être

Cette sensation de pesanteur extrême, mêlée à une nonchalance globale du corps, et la conscience de ce relâchement, c’est le lâcher-prise.

Vous pouvez être fières de vous.

Laissez votre attention aller et venir entre vos narines et votre corps. Décidez vous-même du temps de pratique. Lorsque vous aurez envie d’arrêter, rouvrez doucement les yeux. Reprenez contact avec l’entourage. Bougez doucement la tête. Étirez-vous avec douceur, si besoin.

Inspirez profondément et soufflez par la bouche longuement, pour clore l’exercice.

Lâcher-prise physiquement, c’est lorsque vos pensées sont là, présentes, et maitrisées, mais que votre corps se repose.

Vous vous êtes débarrassés d’un poids. Vous saisissez la symbolique?

Lâcher-prise, c’est laisser aller le poids des choses en dépit de ce que ce poids représente.

Il est vrai que comme cela, on peut avoir du mal à saisir comment aller plus loin que le ressenti physique. Comment développer un état d’esprit plus ouvert et serein quotidiennement? Pratiquez cet āsana.

5 minutes, 10 minutes, 15 minutes.

Prenez le temps d’apprendre. C’est en vous exerçant à lâcher-prise physiquement que vous arriverez aussi à développer plus d’aisance au lâcher-prise de vos pensées. Prenez le temps d’essayer. Trouvez des créneaux dans votre semaine et notez-les. Et travaillez encore et encore. Jusqu’à percevoir et ressentir à fond les choses.

Il est probable que des pensées hirsutes viennent vous déstabiliser pendant Śavāsana, mais ne vous en voulez jamais pour cela. C’est normal. Reprenez le court des choses, et revenez s’y plus tard.

Maintenant, c’est à vous.

Bon āsana.

Nini

 

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3 gestes simples pour vous apaiser

Vous êtes morts de trouille. Vous ne savez pas pourquoi.  Sensations désagréables. Feu follet d’agitation, rythme cardiaque comme une horde de chevaux au galop, palpitations dignes d’un grand 8. A…

Vous êtes morts de trouille.

Vous ne savez pas pourquoi. 

Sensations désagréables.

Feu follet d’agitation, rythme cardiaque comme une horde de chevaux au galop, palpitations dignes d’un grand 8.

A peine de quoi respirer?

20 fois que vous regardez la trotteuse en moins de 20 minutes.

Votre pied saccade une morceau électro. Vous avez un doigt dans la bouche, l’ongle coincé sur une dent.

Put***!

Et finalement si. Vous savez pourquoi. Vous avez une raison « objective » de flipper.

Cette peur vient de l’extérieur. Cette peur, c’est les autres. Ou plutôt à cause des autres.

On vous a demandé de faire quelque chose de compliqué, et ça vous prend la tête : vous n’aller pas y arriver, c’est sur.

On vous a donné un avis et il provoque des doutes atroces : « Et s’il avait raison… »

On vous a annoncé une mauvaise nouvelle, sans d’aide à la compréhension et elle tourne en boucle.

« Et si je me trompe? Et si j’échoue? Et si j’étais malade? »

On perd pied. Et puis, ce cœur, qui s’emballe encore.

Tadac tadac tadac………

Qui n’a pas ressenti cela?

Une montée de stress aussi vertigineuse que l’Everest. D’ailleurs, si on le grimpait réellement à cette allure, il n’aurait plus rien d’emblématique.

Ce phénomène anxiogène vient de l’extérieur, c’est sûr!

Peu importe le sujet, il nous touche suffisamment pour provoquer un séisme. Vous en avez les mains qui tremblent.

Et pourtant les trois gestes de relaxation qui vont suivre vont bien venir d’elles.

D’ailleurs, j’aime à penser que si elles sont l’expression d’une angoisse, elles peuvent devenir son remède.

Elles vont vous permettre de vous recentrer sur vous-même.

Je ne suis pas psychologue, mais j’ai pu, au cours de ma vie, en fréquenter un formidable, qui m’a permis de comprendre d’abord une première chose : chaque angoisse se vit et se dépasse, à plus ou moins long terme.

Et puis, l’autre chose suivante : une angoisse vient d’une interprétation du réel, qui génère une émotion très forte. C’est évidemment subjectif. Si, si… Car ce qui génère de l’angoisse chez vous, n’en provoquera pas chez un autre. Cette interprétation est le fruit de votre perception de la réalité, mêlée à vos codes personnels de croyances diverses. Des croyances parfois inculquées d’autrui.

Alors bon, là, tout de suite, j’ai peur, je m’angoisse pour un truc, alors que je ne le veux pas. Ben oui, je ne le veux pas moi. C’est parce qu’il m’a dit ça, c’était maladroit, c’était trop violent. Et, dans cette situation, on m’a appris qu’il faut rester digne, mais je ne peux pas, je n’y arrive pas…….. J’ai envie de pleurer. Je tremble de peur.

Et voilà.

Je vous propose donc des exercices d’apaisement immédiat dont le but est de se recentrer sur soi et de faire abstraction pendant quelques minutes de l’extérieur.

Je ne propose pas de régler vos problèmes, ni de trouver les causes qui vous amènent à réagir avec autant d’émotions. Et d’ailleurs, je n’ai rien contre les émotions. Elles ont la vertu d’être la vie.

Je vais vous (re)donner 3 gestes susceptibles de ramener la paix, dans votre corps ou tout du moins calmer l’agitation physique qui en découle, et ainsi dans votre esprit.

1 –  Anjali Mudrà

 

anjali mudraConnaissez-vous le yoga des mains, ou la pratique des mudras ?

C’est finalement la forme du yoga la plus rapide à mettre en place, en cas de besoin.

Namasté

C’est le mudrà que l’on pratique pour se saluer, débuter un cours de yoga, ou une séance de pratiques spirituelles.

Et si vous ne l’avez jamais entendu, vous l’avez forcément vu. Souvenez-vous du film Devdas. En Inde, les gens se saluent de cette manière.

Le geste consiste à joindre les mains, l’une contre l’autre, côté paumes, les doigts bien droits et dignes. Cette jolie harmonie est ensuite ramenée vers le cœur. Les épaules sont relâchées, donc abaissées et les pouces sont légèrement calés sur le thorax (entre les seins pour les femmes). La tête s’incline légèrement, le menton est un peu rentré.

La salutation effectuée dans ce geste est bien plus symbolique qu’une poignée de main. Il signifie « la lumière en moi honore la lumière qui est en vous ». Spirituellement, la lumière en nous, donc la vie, est le Divin. En s’inclinant devant vous, on s’incline devant la vie et ce que vous représentez.

Je vous propose de faire ce geste, maintenant.

En joignant délicatement les mains, l’une à l’autre, les doigts bien droits, on procède déjà à une détente de ceux-ci. Souvent, l’angoisse a tendance à provoquer une crispation des membres. Ce geste a pour effet de détendre les mains immédiatement. De plus, la pulpe des doigts se touchant, la paume des mains se rejoignant, on crée comme un petit cocon de chaleur immédiate.

Le toucher est une manière de désamorcer une tension corporelle. Cette évidence a engendré des métiers comme la kinésithérapie, la réflexologie ou la reikiologie.

Pour aller plus loin, le geste de ramener les mains jointes sur sa poitrine va augmenter la sensation de centrage sur soi. En plus des mains, on va provoquer une détente des bras, comme pour les doigts. Et puis, finalement, on se ramasse. On crée un petit périmètre. Cette sensation est encore décuplée avec le fait d’abaisser un peu la tête. Ce petit chez-soi sécurisant se trouve entre votre menton, vos bras repliés et vos mains.

On est bien chez soi, non?

Et pour finir, l’action de poser les pouces sur le cœur va l’enjoindre à se calmer un peu. Cette légère pression fera poids sur le thorax et poussera vers une respiration plus profonde.

Quand le cœur se calme et que la respiration ralentit, le début de la relaxation commence.

Essayez maintenant, en fermant les yeux pour être bien à ce que vous faites. Inspirez et expirez profondément plusieurs fois et constatez l’apaisement qu’il provoque. Parfois très profond. On ressent une forme d’humilité, et à la fois, du respect envers soi-même.

En yoga, on dit que l’on procède finalement à une connexion à son cœur, et son énergie yogique. Quand on se connecte à son cœur, on se recentre sur soi, et c’est ainsi qu’on peut alors s’ouvrir aux autres.

Vous possédez donc une première technique d’apaisement immédiat avec un geste simple, vous permettant de trouver un début de sérénité, de vous centrer sur vous-même pour mieux gérer votre angoisse et vous rouvrir aux autres.

2 – Le massage express des mains

massage mainsL’Anjali Mudrà peut ensuite être accompagné d’un massage palmaire. S’il ne vous convient pas, passez à celle-ci directement.

Dans la présentation précédente, s’exposait l’évidence de la décompression musculaire par le toucher.

En effet, se toucher est une forme de bienveillance envers soi-même. Se toucher, c’est déjà se connecter à soi.

Cette seconde technique très simple est souvent mise de côté. On se fait facilement masser le dos, la tête, la nuque, les jambes. On SE masse déjà beaucoup moins, dans nos contrées occidentales.

Mais le massage des mains est encore plus ignoré.

Les mains sont pleines de terminaisons nerveuses. En soit, tous les organes de notre corps sont ramifiés à une terminaison située dans les mains. Comme pour les pieds d’ailleurs. Mais quand on se tape une crise d’angoisse, c’est parfois difficile de tirer sa chaussette et de se faire un massage éclair.

Outre le fait que le massage des mains permet d’entretenir les articulations des doigts et de prévenir du vieillissement cutané, il a pour effet de procurer une détente immédiate, même s’il est auto-mené.

Sachez que le cœur et les poumons, les principaux sollicités en cas de crise anxiogène, sont reliés pour le premier au pouce et pour le second à la base des doigts et du poignée.

Encore une fois, quand on prend des angoisses, les mains se crispent au point de ressentir de vives douleurs dans les doigts. Comme l’arrivée d’une grippe subite. Une sorte de courbature pernicieuse.

La première chose importante a effectuée est de procéder à des pressions des poignées. Une main pour enserrer l’autre. Serrez vos poignées, sans les broyer évidemment. Si possible, posez les coudes. Et remontez lentement jusqu’au haut des doigts. De chaque côté, en alternant.

Ensuite, venez poser le pouce d’une main vers la paume de l’autre et procédez aussi à des pressions. Sous les doigts, au creux de la paume, sur le muscle bombé du pouce. La tension va céder sous cette douce poussée et détendre encore une fois vos membres tout nerveux.

De plus, tout à procéder à ce massage, vous allez l’espace d’un instant, pensez à autre chose.

Il ne s’agit pas d’un massage d’effleurages ou de profondeur avec des stimulis précis, des gestes lents et déliés, mais plutôt d’un outil d’apaisement d’urgence en cas d’angoisse.

Encore une fois, je vous propose de vous recentrer sur vous-même, en vous redonnant confiance et force.

Il faut vraiment comprendre que la réouverture au monde et à votre peur passe par un premier travail d’introspection.

C’est un peu comme cette petite chenille, qui avant de devenir un papillon, va d’abord prendre des forces dans sa petite chrysalide.

Quand vous vous sentez agressés, et notamment par une émotion, rassemblez-vous.

Ayez ce réflexe de repli sur vous-même, pour reprendre des forces.

En stimulant les organes reliés aux mains, et notamment ceux du cœur et des poumons qui s’emballent, le rythme cardiaque et la respiration vont s’apaiser et peut-être juguler cette angoisse trop intrusive.

Nous, les femmes, nous avons souvent des petites crèmes dans les sacs à mains. Grâce à elles, le massage sera d’autant plus bénéfique, qu’il sera plus fluide et accompagné d’une odeur rassurante. Ayez toujours un petit tube dans votre sac.

Quant à la durée, il n’y a pas de règle. Comme vous le voudrez.

3 – Palming et pressions du visage.

palmingUne dernière technique efficace, rapide et surtout simple à effectuer. A effectuer à la suite des précédents ou seule.

Mais kéasko, ce machin?

Le palming consiste à s’obstruer la vue, avec les mains. A créer une coque autour des yeux, pour trouver de l’obscurité et détendre son visage.

Cherchez un endroit calme. Si possible avec peu de bruits.

Il est nécessaire de pouvoir poser les coudes. Pour se faire, il faudra vous attabler.

Rassemblez vos doigts les uns contre les autres, y compris les pouces pour créer une palme. Incurvez-les un peu et venez couvrir vos deux yeux.

Il faut tenter d’observer un noir complet. Fermez bien les yeux, mais sans forcer non plus.

Cette technique de relaxation a d’abord pour usage de reposer la vue et est utilisée pour le soulagement ophtalmique et l’amélioration de la vue.

Cependant, comme pour les exercices précédents, nous cherchons ici à créer une intimité et à nous couper de l’oppression du réel.

C’est complètement symbolique, c’est un fait, mais ça fonctionne.

Respirez profondément, et tentez de relâcher les épaules. Restez plusieurs minutes, écoutez votre respiration, concentrez-vous sur elle.

Ensuite, commencez à presser vos tempes, simultanément. Écartez plus ou moins les doigts et pressez vos tempes vers vos oreilles. Plusieurs fois, en déplaçant les mains de quelques millimètres à chaque fois.

Revenez vers les yeux et remontez ensuite vers le front. Doucement. Pressez, encore et encore. Vos doigts vont venir soulager les tensions du visage, celles qui peuvent provoquer des troubles divers comme les maux de tête par exemple.

Après avoir bien pressé votre front, revenez vers les yeux et rayonnez vers les joues, puis le menton, le cou.

Appuyez doucement, mais fermement.

Même procédé que les techniques précédentes, on s’occupe de soi, on se rassemble, on ferme la porte à l’assaillant, on se protège et on décompresse tout doucement.

Prenez le temps de cette gestuelle.

Vous n’avez pas peur de vous-même, vous pouvez vous faire confiance.

Même si vous êtes porteur d’une angoisse, c’est bien au fond de vous que vous allez trouver de quoi vous rassurer.

Je vous propose de ne pas attendre d’être angoissé pour pratiquer, mais de commencer maintenant, à vous familiariser avec ces gestes.

Essayez maintenant que vous allez lu. Revenez sur chacune des descriptions de ce billet. Pratiquez les gestes. Vous constaterez, alors même que vous ne ressentez aucune menace sur l’instant, qu’ils procurent déjà du bien-être.

Vous pouvez générer votre propre bien-être.

Le bonheur de savoir que vous détenez un pouvoir apaisant n’est-il pas génial?

Chacun a le pouvoir immense de se faire du bien et de favoriser un soulagement et chasser ses propres angoisses.

Bien à vous.

Nini

6 commentaires sur 3 gestes simples pour vous apaiser

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