Comment lâcher-prise grâce à la posture Śavāsana

savasana lacher prise

Oh la la. Ça vous interpelle, n’est-ce pas?

Le Lâcher-prise

C’est un terme qui en dit long sur ses intentions. Du genre, qui soulagerait tellement vos épaules si tendues… Le mot en lui-même sonne déjà comme un espoir magnifique. Et c’est là où le bas blesse. Ça n’est qu’un espoir pour vous. Vous avez souvent la sensation que vous n’y arriverez jamais. Que c’est inaccessible. Et pourtant, ça a l’air si chouette.

Vous avez d’ailleurs décidé à plusieurs reprises qu’il serait temps de s’y mettre :

« A partir de maintenant, c’est fini. Je m’en fiche. Tout me glisse dessus. Je prends la vie avec légèreté! »

Mais ça n’a pas fonctionné. Vous savez pourquoi?

Parce qu’il faut d’abord de la pratique avant que cela ne devienne un état de grâce permanent.

C’est une façon d’appréhender les évènements de la vie : depuis un conflit avec un collègue jusqu’à l’acceptation d’une maladie. Le lâcher-prise est de la bienveillance pour soi et par extension, pour les autres. Sauf que sans mode d’emploi, on peut le dire, c’est difficile. C’est un vrai travail qui demande de l’endurance et de la rigueur. C’est antinomique tout ça, je vous l’accorde. Mais si vous souhaitez comprendre le lâcher-prise, l’apprivoiser et en user avec aisance, il faut le pratiquer souvent et avec concentration.

Et pour commencer à l’appréhender et arriver un jour à libérer votre âme et votre réflexion, il est nécessaire de le ressentir.

Je vous propose donc aujourd’hui une séance de relaxation. Pour ce faire, lisez lentement et à voix basse ce qui va suivre.

Posez-vous un peu. On va tenter de vous faire du bien.

Essayons de pratiquer une posture de yoga : Śavāsana (Prononcer Chavassana). C’est un āsana très simple à prendre et à maintenir, que l’on appelle aussi « la posture du cadavre ». Le terme peut paraître rebutant au départ, mais sachez bien qu’en Inde, les morts font partie intégrante de la vie. La mort n’est pas vécue telle une peur comme en Occident.

Ouvrez-vous au repos de l’âme

Cet āsana est effectivement facile car il ne requiert aucune connaissance holistique particulière et ne demande aucune capacité physique ardue comme des contractions ou des torsions. Il est à la portée de tous. Pas de matériel encombrant à avoir.

Lisez lentement cet article et tentez déjà de ressentir la sensation décrite.

Ensuite, vous aurez envie de pratiquer, c’est garanti.

Pour commencer, isolez-vous dans un endroit calme. Tamisez un peu la lumière en tirant les rideaux par exemple. Choisissez un endroit aéré, loin des meubles hauts si vous le pouvez. Poussez la table basse de votre salon ou votre lit dans un coin de la chambre. Habillez-vous un peu afin que la fraîcheur ne vous envahisse pas pendant votre pratique : t-shirt à manches longues, gilet doudou, petites chaussettes.

Choisissez une couverture ou un plaid épais que vous allez doubler pour le déposer par terre. Si vous possédez un tapis d’exercices, prenez la peine de le couvrir aussi d’une étoffe que vous appréciez. Tant qu’à lâcher prise, cela sera encore meilleur sur quelque chose d’un peu douillet. Asseyez-vous sur votre support, puis allongez-vous.

Coucou le plafond de la maison !

Veillez à ce que votre dos se dépose sur le sol, tout en respectant votre cambrure naturelle. Inutile de forcer. Si le besoin s’en fait sentir, mettez un coussin très plat sous la tête ou au creux des reins. Offrez votre corps au sol. Symboliquement à la Terre. Laissez-la vous maintenir.

Signifiez-lui votre gratitude d’avoir la bonté de vous porter chaque jour et rendez-le lui en laissant votre corps s’abandonner un peu plus sur elle.

Faites-lui confiance

Vos jambes sont écartées selon la largueur de votre bassin et les pointes de vos pieds se tournent humblement vers l’extérieur. Vos bras se placent le long de votre corps, détendus et vous allez accueillir la tranquillité en tournant vos paumes de mains vers le ciel. Vous ne devez ressentir aucune tension au niveau des poignées, malgré le fait que vos mains soient retournées, donc éloignez un peu vos bras pour être à l’aise.

Dans cette position, une sensation de nonchalance naturelle va s’installer.

Maintenant, portez votre attention uniquement sur votre corps. Vos yeux sont clos, ce qui va vous permettre de mettre en place vos capacités de proprioception.

Comment se pose votre corps? Vos talons, vos mollets, l’arrière de vos cuisses, vos fesses, votre dos, vos épaules, vos bras, le dos de vos mains et l’arrière de votre tête sont posés sur le sol. Sans pression.

Que ressentez-vous, à cet instant?  Peut-être un léger inconfort au niveau du bassin et notamment du coccyx. Ou au contraire, un soulagement des lombaires pour les dos tendus. Est-ce que vos omoplates sont douloureuses? Votre cou est-il raide? Analysez chacun de vos membres. Lentement. De haut en bas. Ou inversement.

Et psychologiquement, vous sentez-vous tout petits? Un peu ridicules? Un peu impressionnés?

Tout ce que vous pourrez ressentir est normal.

Sachez cependant que ce ne sont que des perceptions subjectives. Pas de panique. Tentez de ne pas connoter cette position avec de l’infériorité ou de l’annihilement. Ça n’est pas du tout ce qui va se passer. Au contraire, vous allez être au centre.

Ce travail de scanner personnel est important pour rester en éveil. Car on ne cherche pas à s’endormir, mais à ressentir physiquement le lâcher-prise. Gardez les yeux fermés et observez votre corps et son humble dépose sur le sol. Śavāsana n’est pas fait pour faire la sieste. Toutefois, s’il advenait que votre détente prenne toute la place et vous entraîne dans les bras de Morphée, il ne faudra pas vous en vouloir. Cela sera un autre type de repos. En revanche, attention à votre dos…

Il y a fort à parier que votre respiration commence à se poser. A s’étaler au fur et à mesure que votre dos se repend sur la couverture. Je vous propose de prendre une grande respiration par le nez et d’expirer fortement par la bouche. Videz l’air le plus possible. En effet, j’imagine que certains se disent toutefois qu’ils vont malgré tout s’endormir.

De fait, alors que vous êtes tranquillement au sol, départis du poids de votre corps, les yeux clos, je vous invite à maintenir un état d’écoute environnant en léger alerte, en vous concentrant sur votre respiration. Ne cherchez pas à respirer de manière coordonnée, comme pour une cohérence cardiaque par exemple. Laissez aller votre souffle. Laisser le venir, entrer et sortir comme il le souhaite. Ne cherchez pas à le moduler. Portez votre attention sur vos narines. De l’air y rentre et en ressort presque instantanément. Prenez le temps de découvrir la force de votre respiration. N’essayez vraiment pas de réguler quoique ce soit.

Constatez simplement. L’air rentre et sort. Sans arrêt. Inlassablement.

La vie est en vous

Prenez en conscience.

Inspirez. Expirez. Plusieurs fois pendant plusieurs secondes.

Au début, il est probable que la régularité de votre respiration puisse même vous étonner. Aviez-vous déjà pris conscience d’une telle capacité naturelle chez vous? Ce signe de vie est formidable. Percevez l’air, qui passe par vos narines. Son contact est toujours un peu froid à l’entrée dans l’organisme. Vous pouvez même avoir l’impression, que les narines se gonflent un peu. Votre respiration se canalise pour se faire plus profonde et plus longue.

Dans cette formidable position de relaxation absolue, alors que votre corps est une masse sur le sol, votre respiration va s’agrandir et devenir fluide. Libérée de toutes les tensions, qui peuvent exister. Prenez conscience de vous-même. Vous vivez grâce à cette respiration. Si souvent coupée par toutes sortes d’évènements : discussions, cris ou pleurs. Ici, là, maintenant, vous la laissez aller longuement.

Doucement

Forcez-vous à n’être que pour votre nez et son activité.

Inspirez. Puis expirez. Plusieurs fois encore et pendant quelques minutes.

C’est alors qu’une autre offrande magnifique se met en place. Vous êtes, pour une fois, en prise direct avec le moment présent. Votre présent. Aucune projection n’est possible. En focalisant votre attention sur vos narines et sur votre respiration, vous vivez pour maintenant. Et « Oh Sublime Śavāsana« , vous ne pensez pas à l’avant non plus.

Vous êtes « Inspirez », puis vous êtes « Expirez ». Et ainsi de suite.

Imaginez ce début de victoire sur vos pensées. Cette posture est une vraie solution pour vous connecter à vous-même.

« Dorénavant, c’est décidé, je laisse tout glisser. Je deviens léger »

Eh bien, ça y est, vous y êtes.

Maintenant, retournez faire un tour dans votre corps. N’est-il pas lourd et relâché?

Votre corps prend une vraie dose d’oxygène. Notre corps a besoin de 90% de cette molécule pour vivre. Imaginez que l’oxygène se vend dans des bars, à 30€ les 15 minutes de bonheur. Parce qu’en manquer est une source de stress immense pour tout l’organisme. Et maintenant, grâce à cette posture de relaxation, votre respiration se fait fluide et l’apport d’oxygène plus intense.

Tout votre corps se délite. La fatigue nerveuse laisse place à de la détente musculaire.

N’avez-vous pas la sensation que vos mains et vos bras sont si pesants que vous ne pouvez les soulever? N’essayez pas d’ailleurs.

Et vos pieds, gentiment relâchés en début d’exercice, sont de vrais lests au bout de vos jambes. A tel point que vos chevilles dévissent un peu vers l’extérieur. Sans aucune douleur. Vos omoplates? Vous les sentiez un peu dans votre dos. La douleur piquante a disparu. Et vos mains? Vos doigts même? Leurs nerfs vont céder à la détente et l’un d’eux peut sursauter.

Quelle douce sensation de bien-être

Cette sensation de pesanteur extrême, mêlée à une nonchalance globale du corps, et la conscience de ce relâchement, c’est le lâcher-prise.

Vous pouvez être fières de vous.

Laissez votre attention aller et venir entre vos narines et votre corps. Décidez vous-même du temps de pratique. Lorsque vous aurez envie d’arrêter, rouvrez doucement les yeux. Reprenez contact avec l’entourage. Bougez doucement la tête. Étirez-vous avec douceur, si besoin.

Inspirez profondément et soufflez par la bouche longuement, pour clore l’exercice.

Lâcher-prise physiquement, c’est lorsque vos pensées sont là, présentes, et maitrisées, mais que votre corps se repose.

Vous vous êtes débarrassés d’un poids. Vous saisissez la symbolique?

Lâcher-prise, c’est laisser aller le poids des choses en dépit de ce que ce poids représente.

Il est vrai que comme cela, on peut avoir du mal à saisir comment aller plus loin que le ressenti physique. Comment développer un état d’esprit plus ouvert et serein quotidiennement? Pratiquez cet āsana.

5 minutes, 10 minutes, 15 minutes.

Prenez le temps d’apprendre. C’est en vous exerçant à lâcher-prise physiquement que vous arriverez aussi à développer plus d’aisance au lâcher-prise de vos pensées. Prenez le temps d’essayer. Trouvez des créneaux dans votre semaine et notez-les. Et travaillez encore et encore. Jusqu’à percevoir et ressentir à fond les choses.

Il est probable que des pensées hirsutes viennent vous déstabiliser pendant Śavāsana, mais ne vous en voulez jamais pour cela. C’est normal. Reprenez le court des choses, et revenez s’y plus tard.

Maintenant, c’est à vous.

Bon āsana.

Nini

 

Delphine Baratier

Delphine Baratier

Moi, c’est Delphine. Ou plutôt, moi, c’est vous.
Oui, oui, c’est vous. On se ressemble.
On est en vie, elle est chouette, mais parfois elle coûte. Parfois, elle est dure, et elle fait mal. Certains passages sont vraiment angoissants ou difficiles.
Puis, un jour, on ne sait pas pourquoi, on choisit de partir en quête du bonheur. C’est maintenant.
Alors, oui, moi c’est Delphine, j’ai 35 ans et j’ai eu mal à plusieurs reprises, mais j’ai trouvé plein de superbes alternatives, qui me permettent de vous dire que la vie est trop belle et qu’il faut l’exploiter à fond. Je ne suis pas une spécialiste (bien que j’ai des projets pour le devenir un jour), je suis usagère de la vie, comme j’aime le dire. Et j’ai envie de partager mon expérience avec vous : celle de la quête de la sérénité, de l’ouverture au monde, de la joie, de la recherche des solutions simples et efficaces pour gagner en bonheur.
Je suis rédactrice du blog « la campagne a nini ». Ce blog, c’est un champ des possibles, entre psychologie positive, végétarisme et cuisine tranquille, détente et balades décontractantes. Bienvenue chez moi.
Instagram : lacampagneanini

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