Nous avons tous l’expérience de moments de joie ou de plaisir, ou même d’un bonheur plus généralisé. Au delà du bien-être immédiat que cela peut nous procurer, le fait d’expérimenter ou de développer un état durable de bonheur peut se révéler un véritable atout pour notre santé.

La psychologie positive dont l’objectif est l’étude scientifique du fonctionnement optimal de l’être humain s’est beaucoup intéressée aux effets du bonheur et de la compassion sur notre santé, au niveau psychique, mais aussi physique et même social.
De nombreuses recherches, démontrent actuellement que les effets du bonheur et de la compassion s’étendent sur tous les aspects de notre vie, non seulement pour guérir de certaines maladies mais également pour améliorer les performances, dans les domaines professionnel, personnel, sportif, et même créatif.

A travers une démarche personnelle de « priorité au positif » mais également par l’intégration à différents niveaux des principes « positifs », dans la santé, le travail, la famille ou les institutions, nous pouvons créer un environnement favorable au développement d’une nouvelle « santé positive » amenée à se généraliser dans notre société.

En complément de tous les bienfaits validés sur le bien-être, principalement au niveau psychologique, le bonheur et la compassion ont montré un effet positif dans les domaines suivants:

1. Le Stress

Les personnes les plus heureuses montrent des niveaux nettement plus bas de Cortisol: l’hormone du stress. Cela favorise ainsi les capacités de gestion du stress, d’homéostasie et de résilience de l’organisme.

2. Les Maladies Cardiovasculaires et Respiratoires

La baisse du rythme cardiaque et de la pression artérielle, ainsi que la variabilité cardiaque accrue,
expliquent les effets sur l’hypertension, les maladies coronaires, les troubles du rythme cardiaque, les risques d’infarctus, mais aussi des pathologies respiratoires comme l’asthme.

3. Les Inflammations

Les gens les plus heureux montrent des concentrations plasmatiques plus faibles en cytokines qui favorisent tous les processus inflammatoires du corps. Cela permet de réduire les risques de tendinites, arthrites, troubles digestifs ou maladies systémiques.

4. Le Diabète

Les effets s’observent principalement dans le diabète type 2 (non insulino-dépendant), ou le diabète gestationnel, reliés aux cytokines pro-inflammatoires. Un meilleur niveau de bonheur favorise également une meilleure observance du traitement (insuline) et de son suivi chez les patients atteints de diabète de type 1.

5. Les Douleurs non spécifiques

Le fait d’expérimenter des émotions positives de bonheur et de compassion, rend l’organisme moins réceptif à ressentir la douleur, et mène à relativiser et accepter son état. Bonheur et compassion sont également associés à une diminution du niveau de colère ressenti, démontré comme facteur favorisant la douleur chronique.
Des techniques comme les pratiques de pleine conscience (Mindfulness) et compassion (Loving-Kindness) par exemple permettent de développer une distance par rapport au vécu de la douleur, notamment en « découplant » le lien douleur-souffrance.

6. Le Système immunitaire

On observe une amélioration des fonctions immunitaires, avec une meilleure réponse des anticorps, des interférons favorisant la résistance aux infections, et encore une fois la baisse des cytokines pro-inflammatoires.

7. Les Addictions et conduites à risques

Le développement d’une posture de compassion, moins tournée sur soi même et plus focalisée sur les autres diminuerait les risques de rechutes après les cures de désintoxication. Le lien social est aussi dans ces cas une ressource incontournable, comme dans les programmes des « addictes anonymes ».

8. Les Accidents du travail

Le bonheur au travail et dans la vie privée à été corrélé à une baisse du nombre d’accidents et d’arrêts de travail pour des causes physiques ou psychiques.

9. Le choix d’une vie plus saine

Les gens heureux développent des comportements plus sains en termes de nutrition, d’hygiène de vie, d’exercices physiques et de pratiques « positives », contribuant à une meilleure santé.

10. La Durée de vie

Tous ces bienfaits ont évidemment un effet non négligeable sur la probabilité de vivre plus longtemps mais il a été également démontré que les personnes heureuses développent plus de comportements prosociaux et un tissu social plus dense, des facteurs qui ont été reliés à une augmentation de l’espérance de vie.

Nous voyons donc que les effets du bonheur et de la compassion s’étendent sur une vaste variété de conditions et de domaines de santé. En complément de tout cela, le bonheur et la compassion donnent avant tout de la richesse et du sens à notre vie. Par cela ils rendent chaque instant plus savoureux et sont une source d’expériences inestimables nous permettant d’avancer toujours un peu plus vers notre propre réalisation personnelle.

Références: « Greater Good Science Center » de Berkeley et « Center for Compassion and Altruism Research and Education » de Stanford.

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